Vin de Jardin du Domaine de Galouchey.

L'ami de la table

Le gout de ce vin a une générosité soyeuse comme si la luminosité de ce liquide réveillait une douce mémoire d’enfance, longtemps oubliée au fond d’un tiroir. Dans ce vin, on ressent la pérennité du temps qui s’écoule et qui nous touche à l’âme, bref, on sent quelque chose d’humainement profond.

Ce vin est toujours sur la table de Vantre, à notre grand bonheur. Chez Marco Pelletier, ancien chef-sommelier du Bristol, qui s’est installé l’année dernière avec Lacopo Chomel, son complice chef cuisinier, sur la rue de la Fontaine au Roi de Paris. Pourquoi ce vin ? Parce qu’il est né des mains de Marco même et ceux de ses amis. Ils ont nommé ce vin: Vin de Jardin, du Domaine de Galouchey de l’Entre-deux-Mers de Bordeaux.

Ce vin est généreux et élégant à la fois, mais il se boit sans façon et crée une atmosphère joyeuse. « Autour du vin, il n’y a pas de hiérarchie sociale, personne n’a raison » dit Marco. Voici une histoire d’un vin unique racontée par Marco.

 

 

L'histoire du Vin de Jardin

Description du Vin de Jardin en un mot

Un vin qu’on a envie de boire. On entame une bouteille et quand elle est terminée, on dit, qu’est-ce qu’on fait ? Et on en ouvre une autre !

 

A propos du Domaine de Galouchey

Galouchey est un terroir modeste, officiellement c’est la fin de l’Entre-deux-Mers. On est du mauvais côté, pas celui des grands terroirs au sol d’argile ou de sable de Pomerol, ou encore des sols calcaires de Saint-Emillion, ça ne fait pas rêver beaucoup de gens, mais on s’adapte.

 

Il y a toujours une histoire

La vigne a été planté en 2002 sur un sol totalement vierge, qui n’a jamais connu de pesticide, d’engrais ou d’herbicide. Il n’y avait que des chevaux et des chèvres depuis le début de la planète !  Tout d’abord, Jean Terrade, revenu d’Amérique Latine, est venu s’installer sur ce terrain en 2000. Et un soir en 2002, lorsque son ami d’enfance Gérard Pantanacce vint passer une soirée avec lui, en observant cet hectare vierge entouré de vignes de part et d’autre, ils eurent une idée extraordinaire, ou bien extravagante, après avoir bien picolé, d’y planter de la vigne. Le lendemain, ils sont allés voir des pépiniéristes, ont demandé les cépages possibles sur le terrain, et ils ont tout planté!

Le premier millésime est de 2005. Et en 2009, j’ai embarqué sur cette aventure avec eux, après une mauvaise expérience en 2008. 

 

Suivre la conviction

Tout d’abord, notre objectif était de faire du vin pour les amis, on n’a même pas pensé à le vendre.

Sur un hectare, on a neuf cépages, dont cinq de blanc. Historiquement, le vin fait de ces neufs cépages est né en 2010. Comme le vin rouge de 2009 et 2010 était un peu riche et le volume de vin blanc très petit, on les a intégrés. De ce fait, Domaine de Galouchey est déclassé. Mais nous l’avons voulu ainsi. On ne le fait pas pour la provocation ou pour être différent, mais par conviction, on va chercher dans le vin de la luminosité, de la fraicheur et de la verticalité, on fait un vin qu’on a envie de boire.

Je repense toujours à ce que Henri Jayer m’a dit un jour : « Si tu fais du vin, fais-le comme tu as envie. Parce que si tu n’arrives pas à le vendre, c’est toi qui va le boire. »


Cueillette et égrainage à la main

Sur un hectare, nous avons 6200 pieds comme dans la plantation bourguignonne, les machines ne pourraient même pas passer. Au moment des vendanges, nous avons vingt-six vendangeurs pendant 3 jours pour la cueillette, nous faisons aussi l’égrainage à la main. A la machine, c’est fait en 15 minutes dans les vignes de grande production. La seule consigne qu’on donne aux vendangeurs chez nous, c’est : si vous ne voulez pas manger le raisin, s’il est ne serait-ce qu’un peu abimé, ne le mettez pas dans la cuve.

Le résultat de ces récoltes, c’est du caviar, un vrai bijou artisanal.

 

Petites récoltes par pied

Nous pensons que le petit rendement égale la concentration de l'énergie, pas la concentration de puissance. Au lieu d’avoir vingt-cinq grappes par pied pour avoir plus de vin, chez nous, nous n’avons que six ou sept grappes. Avec cette petite quantité de fruit, on s’est rendu compte que nous pouvions arriver à la maturité du tanin, maturité phénolique, avant les autres. Ce qui nous permet de récolter une semaine avant tout le monde. Le résultat, c’est qu’on n’a pas ce côté végétal, sexy, enrobé, mais on a gardé l’acidité, la fraicheur. Pour moi, c’est primordial.

 

Epanouissement de la vigne et du terroir

Tout au début, les racines n’étaient qu’en surface, mais d’année en année elles ont poussé et à la quatrième année, elles avaient pris dix centimètres de profondeur. En 2010, il était possible de faire officiellement un grand millésime. Et en 2011, malgré le fait que le millésime était faible, on a senti toutefois un petit peu plus de profondeur, plus d’allonge.

 

Développement

Ce terroir étant très modeste, on n’a fait que des petits élevages de dix mois au début. Mais d’après l’opinion de mes amis professionnels une seule chose manquait, c'était un élevage plus long. Alors à partir de 2011, on a fait seize à dix-huit mois d’élevage en vieille barrique pour venir casser ce tanin et pour gagner de la complexité aromatique. Et à partir de cette année, j’ai décidé de faire 800 litres en élevage de trois à quatre ans en fût. On commence à comprendre les choses, petit à petit, tout est un apprentissage.

 

L’identité du vin

Comme le vin est un produit de terre qui s’exprime, les hommes doivent être là pour seulement canaliser tout cela, l’identité ne vient pas par la sublimation des produits. On fabrique le vin avec des raisins sains et un minimum de manipulation. Pour ce vin, si on arrive à faire sentir à la dégustation que c’est du merlot de la rive droite, ça sera une réussite.

 

Pour découvrir ce vin entre amis :

Restaurant Vantre  http://vantre.fr

http://www.vindejardin.com/