Le Hassun de Guion Sasaki, le mois du minazuki.

Dans l’ancien almanach japonais, le mois de juin est appelé minazuki, qui veut dire le mois de la pluie. Car la saison de la pluie au Japon a lieu en grande partie pendant le mois de juin.

Mais il existe aussi une pâtisserie du même nom. Ce minazuki est un uirô, une pâte semi-transparente à base de farine de riz et de sucre, sur lequel est posé quelques haricots sucrés. A Kyoto, il est coutume de manger cette pâtisserie le dernier jour de juin pour la bonne santé de la deuxième moitié de l’année.

 

Le hassun de juin de Sasaki célèbre cette tradition en incluant un minazuki au matcha dans sa composition.

Le reste des mets est très varié : des crevettes, des sillagos et du saumon sont coupés en lamelles et arrangés dans un ordre successif en intercalant des feuilles de mitsuba. Le tout est roulé sur une base de purée de pomme de terre, à la place du riz au vinaigre, puis coupé en petites bouchées, créant un maki aux jolis tons pastel.

 

Puis vient le filet de canard, suivit par le yawata-maki, de l’anguille de mer roulée autour de salsifis japonais. L’aubergine est préparée en dengaku, unesauce au miso sucrée. Quelques tomates rafraichissantes et acidulées et dans les petites coupelles, des œufs de congres en tama-jimé, mélangés à des œufs brouillés au dashi.

Tous des mets goûteux aux saveurs riches.

C’est le début de l’été et le corps a besoin d’être nourrit en cette saison.

 

Sasaki sorti alors un plat fait de glace et commença à y dresser les mets.

« Traditionnellement, le uirô du minazaki devrait être blanc. Il vient d’une autre coutume de la cour impériale datant de l’époque Heian (794-1185), où l’on mangeait un petit glaçon le premier jour de juin pour chasser la grande chaleur de l’été. Comme j’ai fait un uirô au matcha, je vais utiliser ce plat en glace pour rappeler cette tradition » explique Sasaki.

 

Le hassun de juin commence donc par le sekku, ou la fête saisonnière, du glaçon et se termine par le minazuki du dernier jour du mois, révélant ainsi les différents événements traditionnels de cette saison.

Sasaki nous rappelle combien les références saisonnières sont importantes dans le hassun, tout en nous laissant savourer le temps d’un repas, le meilleur du moment présent.

 

 

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